Synthèse de F. Leduc


Synthèse de Mme Florence Leduc,

Directrice de la Formation et de la Vie Associative, FEHAP

 

Image3.jpgUne belle journée dans le Val d’Oise, presque le printemps en tous cas, celui d’une nouvelle décennie. 10 années d’un travail incroyable, 10 ans d’intelligence du travail ensemble, d’addition de compétences, de croisement de points de vue, probablement un modèle dans son genre.

 

Une journée ouverte par son Président ! Protocole oblige ! Une fête pour 10 ans, un hommage aux femmes, ça c’est un Président galant !
Du bilan, des perspectives : voilà le programme de la journée. Un bilan fait par les personnes elles-mêmes, celles qui sont au travail, un travail des groupes, 5 seulement sur 12, mais dans cette affaire, c’est une histoire de poupées russes : un groupe en ouvre un autre : alimentation, bientraitance, personnes handicapées vieillissantes, soins palliatifs, éthique (12 posters).

Ça commence par un film, comme aux oscars : REGIES95 un réseau vivant.
De 1998 à 2012, un sacré bilan, l’histoire d’une coopération partant sur 250 professionnels, ouverte à tous.
Il fallait se rapprocher, collaborer, stimuler la participation, optimiser les moyens, rompre l’isolement, pluralité/diversité…une ambition, tout un programme.
Ils partirent à 30 … et ils constituèrent un réseau, avec une existence juridique.
Les fondateurs ont semé, ils peuvent être fiers de la récolte ! Surtout une généralisation de bonnes pratiques à l’appui de leur projet se regrouper pour mieux essaimer ! Je confirme : un modèle !

Les groupes de travail ont travaillé : 5 sur 12, juste un zoom sur les travaux :

Le clan, en film, ça c’est pour le César : encore une mutualisation et une addition de compétences. Un guide d’auto-évaluation, comment s’y prendre avec ceux qui ont du mal à déglutir, à mâcher, à rester à table et hop, voilà 3 groupes mis à plat, bourse aux idées et au bonnes pratiques, chacun de sa lucarne, chacun de sa compétence pour jouer gagnants ensemble ! Et en plus, ils ont déjà été primés !
Référentiel, livre de recettes, des olympiades !
Ça défie toutes les lois de la morosité ambiante…

Bientraitance

3 personnes pour parler de la bientraitance, avec une inscription de la maltraitance dans la mémoire de la bientraitance.

Le respect de la personne âgée : pour de vrai, dans le concret, avec une appropriation collective, de tous les corps de métier, car la bientraitance est l’affaire de tous et non pas des seuls intervenants professionnels.

2 axes :

La Bientraitance avec une vision au niveau de l’établissement, ça s’inscrit bien dans la démarche institutionnelle

L’intimité et la sexualité.

Encore de la production : définition, charte, comité de vigilance, une fiche référent : et voilà un classeur bientraitance ! Un quiz pour mieux faire parler…sur les questions que l’on a du mal à aborder, surtout sur la sexualité et encore plus, sur la sexualité des personnes âgées.

Y’a plus qu’à se l’approprier !

Personnes handicapées vieillissantes

Une création en 2010, encore tous les professionnels, de la gérontologie et du handicap. Un phénomène qui prend de l’ampleur, alors qui sont ces nouveaux gens ? Qui peut les accueillir ? Trop vieux pour l’accueil personne handicapée, et trop jeunes pour l’accueil personne âgée.

Ce groupe est parti de ce constat, pour réfléchir et pour construire la question du lien de vie pertinent pour les PHV (joli nom !) ne pas confondre avec PVH, c’est juste pas pareil.

Un foyer de vie, dans un EHPAD, ça existe à l’OSERAIE. Et voila un nouvel univers, ça remue plein de questions : la barrière des 60 ans, la discrimination dans l’accès aux aides et aux soins, des réponses pour les uns, pas pour les autres ! Il faut juste avoir le bon âge au bon moment !

Ils sont repartis le REGIES95 : un cahier des charges, du projet de la réflexion sur l’accompagnement.

Groupe Soins Palliatifs

Il a commencé dans le concret, (c’est aussi cela l’intérêt de ces travaux), par l’évocation des difficultés avec les résidents, avec les familles. Quand contacter une équipe de soins palliatifs ? Qui peut le faire ? Quid du rôle du médecin ? Quel objectif à cette intervention ? Coordination de soins palliatifs, eux aussi sont partis de leurs représentations.

Et dans leur guide ? Comment diffuser la démarche palliative en amont ? C’est quoi t’est ce les EHPAD ! Comment on peut travailler ensemble ?

Alors on a tout repris par le commencement : partir des besoins de chacun, faire une cartographie de qui fait quoi où ? Passer des conventions, susciter l’intérêt.

Des résultats : une astreinte téléphonique (ça se finance madame l’ARS !), une cartographie, une convention tripartite très innovante, des réponses organisées, encore à s’approprier ! Dans un secteur déjà très acculturé sur la démarche palliative nous dit ce médecin (ça, c’est à savourer !)

Un groupe éthique

On avait commencé par la Bientraitance, on termine par l’éthique, logique ! Pourquoi un groupe éthique ? Besoin d’un lieu de réflexion, d’un espace à distance des pratiques mais alimenté par elles, besoin de partager des doutes et des expériences, se nourrir des repères…des tonnes de bonnes raisons pour créer un groupe éthique ! Le Bien pour l’homme, la question de l’Humain, de tous les humains, de l’universalité à la singularité, l’altérité, la vulnérabilité, la dissymétrie
des places.

Ils ont abordé la décision médicale, la place de la famille, la dignité, les hospitalisations itératives la bientraitance.

Des vraies questions, des vrais sujets pour des vrais gens ; partage du souci de l’autre, questions sur le Soin …

Pour organiser cette réflexion : un cadre, des objectifs pratiques, du recul, s’enrichir des autres, et un peu d’organisation. Le bien, le juste, l’utile, l’humain, des mots et des actes, des bonnes pratiques, agir sans nuire, la collégialité, des repères :

Redéfinir l’essentiel

Le sens de l’action

Et après ? Surtout garder la dynamique et le goût du travail ensemble, continuer à s’ouvrir et à partager et toujours et encore essaimer et accompagner.

La salle commente ! Faire se rencontrer les champs du Handicap et de la Gérontologie projet de vie/projet personnalisé, développer les espaces de réflexion éthique, réfléchir sur la catégorisation PHV, PVH et faire savoir, au plan national et aux plans nationaux que sur les territoires, ça se discute et ça s’ancre dans une pratique qui a besoin de comprendre !!! Et a besoin de sens. NDLR : travail remarquable en qualité de contenu !

Mais qu’en pensent les autorités ? ARS/CG

Marc Bourquin est un modeste, c’est lui qui le dit ! L’ARS ne détient pas le monopole de la réflexion ; ce sont les acteurs qui doivent participer à ces élaborations collectives, d’où, oui, il y a besoin que les professionnels se regroupent pour alimenter une réflexion, des propositions d’actions, pour apporter et enrichir le niveau de la programmation - Good news -

Pour M. Métezau, l’action sociale est de son champ de responsabilité, l’esprit réseau lui convient donc très bien. Mais cela pose une question : il ne regrette pas d’être venu ! Il a entendu des choses concrètes, des travaux pratiques, de la complémentarité ! En +, les contraintes budgétaire étant ce qu’elles sont, c’est le moment de continuer la réflexion, l’innovation, l’inventivité.

Monsieur Bourquin, ARS IDF, a un axe central, concernant les personnes âgées : une croissance majeure des besoins : dans les 20 ans, 3000 personnes âgées dépendantes de plus par an ! Malgré l’espérance de vie sans handicap dans un contexte de contraintes (ça on le savait !) et puis Bernard Ennuyer a contesté les chiffres.

En plus, un autre sujet très aigu : réduction de la démographie médicale et para médicale : un enjeu majeur !

Il prétend qu’il faut intégrer dans le fonctionnement des acteurs la question de la fluidité du parcours des personnes, la diminution du recours à l’hospitalisation, de favoriser la télémédecine, de mettre en place des permanences infirmières de nuit…mutualisées, bien sûr !

L’ARS va développer l’accueil de jour, repenser son projet, réaliser un appel à projet – alternative – soutien et appui aux aidants. NDLR : Tous les aidants n’ont pas besoin d’aide.

La santé bucco dentaire, c’est déjà fait à REGIES95 !

M. Métezau vice président du CG note l’état d’esprit du réseau, qui va dans le sens d’une simplification administrative du Progrès ; le schéma géronto va être présenté prochainement ! Un schéma différent de celui Personne Handicapée REGIES95 va devoir s’y coller pour aider à réfléchir sur Handicap et grand âge ! Et participer aussi au comité de soin, c’est toujours ça de gagné ! 5 grands défis : Bien vieillir et prévenir la dépendance, soutenir les aidants, améliorer l’offre existante protection de vulnérables, parcours des personnes âgées.

Et l’appel à projet dans tout ça ? Va t’il assécher l’initiative individuelle ou est ce qu’il va prendre en compte les propositions des acteurs. Il semble que oui !!!

En tous cas Bernard Ennuyer exhorte il profite de la période électorale et il au renvoi aux citoyens pour la détermination de leurs priorités ? Il y a tout ce qu’il faut dans l’excellent travail de REGIES95, même que Bernard qui va partout, ça faisait longtemps qu’il n’avait pas vu ça (je partage ++).

Les EHPAD – JM Caudron, ne sera jamais directeur d’EHPAD, trop compliqué, du mille feuille ; des dynamiques institutionnelles qui manquent de réalité terrain. En plus il vaut mieux que les gens soient dépendants plutôt qu’indépendants.

Pour B. Ennuyer la vraie question est où les gens souhaitent vivre ? Quelles sont leurs envies, où vouloir être ? A domicile, en EHPAD, dans d’autres lieux, et après, quelles réponses organisées et que peuvent les citoyens ? Quels modes qui conviendraient le mieux ? Avec quels moyens, quel argent ?

Annie de Vivie est constante depuis de nombreuses années, avec constance, détermination et une ligne éditoriale claire : elle milite pour le vivre et vieillir debout, aussi pour que les établissements d’accueil soient à la fois des lieux de vie et soins ! Donner son avis sur ses rythmes et choix de vie ! Lieux de vie, lieux d’envie (une communiquante). Il y a des compétences ; comment passer de l’humanisation. Une définition : c’est quand je préfère y aller plutôt que de vivre seul chez moi, avec ma vie et mon projet de vie.

Les EHPAD sont devenues spécialisées dans la dispensation de soins dit Alain Villez. Il faudrait distinguer lieux de vie et lieux de soins. Les établissements médico-sociaux doivent d’abord être des lieux de vie ! Avec consentement reprend Bernard Ennuyer, à quoi consentir quand ce n’est pas un choix! Des choix par défaut! Continuer à être maitre chez soi ! En évitant que les entrées ne se fassent qu’en situation d’urgence. Il faut identifier des lieux de soins et puis des lieux de vie. Et puis aussi s’inspirer d’autres lieux de vie, avec d’autres échelles, des mutualisations de moyens ! Des petites unités de vie : ça c’est l’inspiration  de JM Caudron quand il est à Mayotte ou St Pierre et Miquelon !

Alors il faut repenser les fondations politique et éthique et repenser la question de l’autonomie Alain ! Lisez GZIL propose Bernard Ennuyer ! C’est vrai c’est géant !

De fil en fil nous sommes arrivés à travailler sur la question des Ages de la vie – 2ème table ronde !

M.Obadia s’occupe d’établissements de personnes autistes. Siégeant au CES et E (ne pas oublier) il a travaillé sur  l’avis demandé sur la question de la Dépendance des Personnes Agées ! Un bon consensus dit-il, notamment sur les questions de la prévention ! Et aussi sur le vivre à domicile, sur la diversification des lieux de vie, sur la citoyenneté et la démocratie mais sur le financement, pas de consensus du tout ! Et voilà ! La boucle est bouclée. Comment la société civile se donne des bâtons pour être battue !Image4.jpg

Alors une société pour tous les âges ? Une loi qui devait mettre en place une convergence des dispositifs, celle de 2005, un petit article, le 13, Bernard Ennuyer s’est accroché au 13, histoire de dire que toutes les personnes quel que soit leur âge, touchées par des restrictions d’activité, pourraient avoir recours à des réponses adaptées à chacun. Une prestation universelle à compensation comme a écrit M Bonnet dans son rapport !

Et si le champ du handicap s’y met, on peut se retrouver sur la question de l’égalité des droits ! Affirme M. Obadia.

Et si on se référait aux politiques de la famille ? Cela pourrait permettre d’englober les problématiques et aussi de penser transversalité : travailleuses familiales, médiation familiale, congés de soutien familial, bonne idée Jean-Michel.

Un collectif a été créé explique Annie de Vivie, une société pour tous les âges, dans la veine du rapport de Maurice Bonnet au Conseil Economique et Social, c’était en 2003. Histoire de faire société, de faire citoyenneté en participant, en proposant, en faisant débat d’idées et en questionnant ! Comme vous, comme le réseau REGIES95, qui s’autorise à faire ensemble comme nulle part ailleurs !

Merci au Réseau 95 à tous ses membres, à son Président, Cher Christian pour cette belle journée qui n’était pas une journée de plus mais une journée pour plus – Bon anniversaire au réseau !

 

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