Ethique


  Ce groupe éthique inter-établissements et réseaux est né d’un besoin, celui d’un lieu d’échanges, de concertation pluridisciplinaire, à distance des pratiques professionnelles mais questionné par elles.

Il s’appuie sur un cadre de travail institué :

qui affirme la place de cette réflexion dans le dispositif institutionnel,

en garantit la légitimité et la continuité

et favorise sa mise au travail par la formalisation collective de ses règles de  fonctionnement.

Cet espace collégial est animé par l’implication de ses participants aux formations, aux responsabilités et compétences plurielles dans le domaine de la gériatrie ou de la gérontologie.

Ils sont tous portés par le désir d’y interroger conceptions du soin et de l’accompagnement, entre universalité des principes éthiques et singularité des situations cliniques complexes et sensibles.

L’ancrage dans les pratiques donne corps aux questions et aux conflits de valeur soulevés, dans un mouvement où alternent cas cliniques et thématiques générales, apports théoriques et débats enrichis par une connaissance partagée des concepts.

L’attention (la tension) éthique vise ce « bien pour l’homme » qui pose la question de l’humain en tout homme rencontré, quel que soit son âge, son état, ses atteintes corporelles ou cognitives.

Cette altérité ne va pas de soi  lorsque nous sommes face à ces expériences humaines que sont la grande vieillesse, la maladie, le handicap, la démence, le réel du corps, la mort et tout ce qui vient la représenter.

Il est des situations qui défient la pensée, qui semblent ne plus relever de nos facultés de compréhension, de tolérance ou qui exposent avec plus d’intensité à la question du sens à poursuivre des soins tout autant qu’à celle de désir de le faire ou aux moyens dont nous disposons.

La réalité du soin justifie un surcroît de discernement alors même que nous sommes tous confrontés à l’épreuve du quotidien, à l’asymétrie de la relation, aux « a priori » et préjugés, à des logiques contradictoires et à la souffrance mutuelle en jeu.

Comment ne pas enfermer la personne malade dans une lecture purement déficitaire, sans esquiver les effets du réel ?

Comment accompagner ce que vieillir et mourir donnent et nous donnent à vivre ?

Quelle vie ou quelle survie propose-t-on aux personnes que l’on accompagne ?

Peut-on parler d’autonomie à propos d’une personne en situation de dépendance et comment respecter cette autonomie ?

L’itinéraire parcouru par ce groupe, les effets de résonnance sur la pratique de chacun confortent la volonté commune de poursuivre cette démarche de questionnement, d’échanges, de partage de savoirs et d’expériences.

Il ambitionne de nouvelles perspectives associant : 

la dynamique actuelle :prolonger le travail personnel, se nourrir du terrain,

l’apport de regards et de compétences extérieurs ; ouvrir le groupe à d’autres participants, inviter des personnes « ressources », se rapprocher d’autres espaces éthiques.

et la transmission des fruits de son expérience (aider à la mise en place de groupes de réflexion éthique dans les établissements du réseau, proposer des modules de formation aux professionnels).